Rue de la Tour de l'Oume
30290 Saint Victor la Coste
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Voici une rencontre avec une démarche créative mûrie dans la confrontation avec les interrogations plastiques de notre temps. Une recherche qui propose une vision très simple et très privée", qui nous parle de nous-mêmes, de l'absence et des limites...
 
C'est une peinture forte qui s'engage pour dire le silence, l'enfermement, qui "met en scène" cette fameuse "incommunicabilité" imprononçable. Ce travail sans détour mais précis nous prend à témoin, ne nous laisse pas paisible. Sans la moindre volonté démonstrative, ces images sont froides mais si charnelles; cette présence c'est celle de nos contemporains dont on entend battre le pouls.
  Aucune référence ne peut cerner ce cheminement sans concession où les aplats envahissent l'espace et créent le trouble. Bien sûr, on peut évoquer Magritte pour ses étranges silhouettes figées, Jean Hélion pour cette humanité sans visage mais si familière ou la théâtralité dérangeante d'Arroyo.
Les compositions de Françoise Rousset sont totalement novatrices, agaçantes ou bouleversantes, l'indifférence n'est guère possible. Car c'est bien une femme qui soutient ce défi et qui éclate d'un rire merveilleux si on évoque la douceur apaisante des "peintures de femme" ou le nez bleu de ses personnages. Un éclat qui se plaît de nous avoir joué une farce, en marge de toute convenance.
"Un peintre ne devrait jamais faire ce que les gens attendent de lui" André Malraux.
Elle livre sa production comme le fruit d'un combat qu'elle a mené en solitaire, serons-nous capables de l'aimer, de l'entendre?
Cette fonction sociale cachée de l'artiste qui influe sur la pensée collective et la conduit là où elle ne voudrait pas aller, trouve ici pleinement son sens.
C'est une invitation à dépasser le goût naturel pour la facilité et ouvrir une porte vers nos appréhensions, vers un monde sui vient de plus loin que le visible.
Cette "mise à plat" n'exclut pourtant pas nostalgie et humour, tendresse et douceur; ce miroir nous propose une identification difficile parfois mais sûrement bienfaitrice.
Gérard Zaoui Professeur d'arts plastiques